Le doumdoum nous vient de l'Empire Mandingue, une société organisée en castes : les griots, les forgerons, les cordonniers, avec une langue commune le Bambara et un roi le Mansa. Composé de nombreuses ethnies, les groupes principaux en sont : les Bambaras (centre du Mali), les Malinkés (l'est de la Guinée), les Diolas (Côte d'Ivoire). Le rôle social du doumdoum est de délivrer un message, allant au-delà du divertissement musical. Il accompagne les évènements de la vie au quotidien (funérailles, mariages, naissances, circoncisions, guerres, récoltes…). Le doumdoum fut créé avant le djembé.

Les doumdoums  sont des tambours taillés dans un tronc d'arbre à l'aide d'une herminette, en un seul bloc dans différentes essences de bois (Linké, Dougoura,Teck ou Iroko...), de formes cylindriques, avec une peau de bœuf non rasée de chaque côté (bimembraphones). Le système de tension nécessite quatre cerclages. Chaque peau est maintenue par deux cerclages en fer qui sont reliés par des cordes.

Instruments essentiels de la musique Mandingue, les doumdoums ont un rôle de base rythmique et mélodique pour la musique traditionnelle.

Les doumdoums sont un ensemble de trois fûts, chacun équipé d'une cloche métallique

  • Le dununba : le plus gros fût au son grave.
  • Le sangban : le fût moyen au son médium.
  • Le kenkéni : le plus petit fût au son aigu.
  • La cloche : fixée au sommet de chaque fût.
     

Ces tambours sont traditionnellement joués horizontalement par trois dumdumfolas (joueurs de doumdoum) à l'aide d'une baguette en bois pour taper sur les peaux et d'un clou pour la cloche. De nos jours les doumdoums sont joués verticalement par une seul personne, en regroupant les trois fûts et une seul cloche pour l'ensemble. Le kenkéni donne le tempo de la polyrythmie, le sangban donne la mélodie, quand au dununba il répond au djembé soliste. On distingue deux notes pour chaque fût : Le son ouvert, la baguette rebondit au centre de la peau délivrant une note pleine qui dure et le son étouffé, la baguette reste plaquée au centre de la peau délivrant une note brève et étouffée.
Le doumdoum est l'instrument essentiel des ballets africains mais aussi des cours de danse africaine en Europe, il donne le temps et la rythmique aux danseurs.

Conte et légende sur l'origine du Doumdoum
Il était une fois Dieu. Seul dans son royaume il était en cours de préparation de la création du monde. Il créa au commencement la nature ainsi que les animaux, mais il lui manquait quelque chose. Après mûres réflexions, il créa l'homme. Dieu ne s'attendait pas à autant de surprises de la part de l'homme, au début il fût fasciné par sa curiosité, par sa jovialité, mais l'homme très vite dépassé par la vie appelait Dieu sans cesse, pour réclamer ceci où cela. Dieu souvent occupé par l'univers n'entendait pas toujours les réclamations de l'être humain. L'homme se mit donc en quête de trouver un moyen de communiquer avec Dieu. Les hommes essayèrent bien des choses mais rien n'y faisait, pourtant dans son coin un homme ingénieux nommé Badinbaye confectionna avec un tronc d'arbre rongé par les termites et de la peau de vache tendue à chaque extrémité un instrument très puissant. Badinbaye alla voir le chef de son village pour lui proposer son instrument. Le chef du village se mit a taper très fort sur l'instrument en criant « dieu entend nous », Dieu qui entendit ce grondement profond et grave comprit que l'homme venait d'inventer un instrument susceptible de lui causer bien des soucis. Dieu répondit «  ne voyez vous pas que je ne peux être toujours derrière vous, apprenez à vous débrouiller seul, vous n'êtes ni seul sur terre ni au centre de l'univers ». Alors Dieu décida de ne plus jamais répondre au son qui faisait Doumdoum. Pour être tranquille Dieu se fît oublier des hommes, mais les hommes dans leur recherche de spiritualité n'abandonnèrent jamais cet instrument appelé désormais doumdoum, ils sen servent toujours pour les accompagner dans toutes leurs cérémonies de la vie courante.

 

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